Covid-19 : les équipementiers automobiles, pleinement mobilisés pour l’emploi face aux défis de la crise sanitaire et de la reprise

Covid-19 : les équipementiers automobiles, pleinement mobilisés pour l’emploi face aux défis de la crise sanitaire et de la reprise

Updated on 4/20/20

La FIEV a interrogé l’ensemble de ses adhérents pour évaluer les conséquences de la crise sanitaire et identifier les conditions d’une reprise rapide.

Le tableau esquissé révèle d’une part les profondes difficultés financières et industrielles des équipementiers, d’autre part leur mobilisation pour garantir à leurs salariés des conditions sanitaires irréprochables.

Une production au point mort, ou presque

  • En France, 70% des sites de production sont à ce jour fermés et les 30% restants enregistrent une activité entre 20% et 40% de leur capacité optimale.
  • 73% des équipementiers voient leur activité commerciale à l’arrêt.
  • Plus de 4 équipementiers sur 5 (82%) déclarent connaître une réduction d’au moins 50% de leur activité globale. Plus d’un sur deux (59%) enregistre une réduction de plus de 75%.
  • 47% ont été contraints de réduire leur production en raison de la difficulté à garantir le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale.
  • 80% invoquent l’interruption des appels à livrer de la part de leurs clients comme impact direct sur l’activité.
  • Plus de la moitié (54%) des équipementiers n’ont aucune visibilité quant à une possible date de reprise.

Des difficultés d’approvisionnement et de trésorerie

  • 64% des équipementiers déclarent ne plus être livrés par leurs fournisseurs.
  • Concernant la trésorerie, la situation devient extrêmement tendue. Plus d’un tiers des adhérents interrogés déclarent avoir puisé entre 50 et 75% de leurs réserves à date. Seuls 17% n’ont pas eu, ou faiblement (moins de 10% de la trésorerie), à le faire.
  • D’ailleurs, 59% ont recouru – ou envisagent de recourir – au PGE (Prêt Garanti par l’État).
  • Près d’un tiers (30%) envisagent de recourir à l’appui du Médiateur des entreprises pour le traitement d’un conflit avec des clients ou fournisseurs.
  • Toutefois, si encore récemment des litiges étaient constatés quant au respect des délais de paiement, désormais 80% des équipementiers constatent le bon respect de ces derniers par les constructeurs et 84% par leurs clients équipementiers.

« Les équipementiers automobiles sont soumis à des efforts financiers sans précédent. Le défaut de trésorerie constitue pour certains d’entre eux une menace majeure. C’est dans un esprit de solidarité que nous avons fait le choix d’annuler notre appel à cotisations pour l’année 2020, en maintenant pour tous l’intégralité de nos services », rappelle Claude Cham, Président de la FIEV.

 

Preuve du besoin de soutien des équipementiers : les mesures gouvernementales massivement activées

  • 80% des équipementiers estiment les mesures d’urgence proposées par le gouvernement efficaces au regard de la situation.
  • Soucieux de préserver les emplois et de garantir la pérennité de leurs entreprises, les équipementiers ont d’ores et déjà eu recours à certaines de ces mesures ou les envisagent :
    • 88% d’entre eux ont d’ores et déjà effectué une demande d’activité partielle ; 8% l’envisagent.
    • 73% ont d’ores et déjà effectué des demandes de report des échéances sociales et/ou fiscales ; 15% l’envisagent.
    • 71% ont demandé ou envisagent de demander à bénéficier de remises d’impôts directs.
    • Comme déjà évoqué plus haut, 59% ont recouru, ou envisagent de recourir, au PGE (Prêt Garanti par l’État).

 

La sécurité sanitaire, condition sine qua non de la reprise

  • 68% des équipementiers ont adopté un protocole sanitaire de reprise d’activité.
  • Le besoin en masques de protection pour le premier mois de reprise est estimé à près de 3 millions. 80% de ce besoin n’est pas couvert par les stocks actuels des équipementiers.

« Les équipementiers sont pleinement mobilisés pour garantir des conditions sanitaires irréprochables à leurs collaborateurs. C’est pourquoi la FIEV a pris l’initiative de préfinancer un million de masques afin de pouvoir équiper à moindre coût ses adhérents les plus en difficulté quant à leur approvisionnement », annonce le Président de la FIEV.

 

Un plan de relance attendu pour préserver les emplois

  • 80% des équipementiers ont à ce jour stoppé le recours à l’intérim.
  • 32% ont été contraints de stopper des CDD et 43% envisagent cette possibilité.
  • 39% n’excluent pas la possibilité d’un plan social d’entreprise (PSE).
  • Face à cette réalité préoccupante, près de 9 équipementiers sur 10 (89%) pensent nécessaire à moyen terme la mise en œuvre d’un plan de relance pour préserver les emplois en France.

 

La mobilisation citoyenne des équipementiers

56% des équipementiers ont fait preuve de solidarité dans la lutte contre l’épidémie. Des initiatives citoyennes qui ont essentiellement pris la forme de dons d’équipements de protection individuelle (masques, blouses, productions en impression 3D…) aux publics sensibles prioritaires des hôpitaux, Ehpad, structures médico-sociales…

Claude Cham conclut : « L’impact économique de la crise sanitaire sur l’industrie automobile est considérable. Il est essentiel de favoriser un redémarrage rapide et synchronisé, après avoir défini un cadre sanitaire adapté à une reprise en toute sécurité pour les salariés. La signature d’un ‘’Code de bonne conduite, dans le cadre de la crise sanitaire’’ par les instances représentatives européennes de la filière automobile est en ce sens une très bonne chose. Nous inscrivant dans ce sillon, les échanges que nous entretenons avec les constructeurs visent à préparer et coordonner la reprise d’activités en France. À l’instar de cette nécessaire concertation de l’ensemble des acteurs de la filière en Europe, le soutien de l’État est indispensable. C’est pourquoi la FIEV est en dialogue permanent avec le gouvernement au travers du Comité Stratégique de la Filière Automobile. Ce travail en proximité avec les pouvoirs publics est fondamental pour gérer la situation actuelle mais aussi pour aborder les enjeux de transformation de notre industrie car ces derniers seront les fondations d’une reprise pensée autour de l’innovation, elle-même axée sur l’environnement et la digitalisation. C’est à ce prix que nous pourrons réduire notre dépendance technologique, tendre vers une industrie toujours plus responsable et préserver le plus grand nombre d’emplois sur notre territoire. »